Retenir des immigrants à Québec : commencer par les étudiants
Ces jours-ci on parle beaucoup d’immigration à Québec et compte tenu des efforts des autorités et des entreprises pour attirer de la main d’œuvre immigrante dans la région, on va en parler encore plus. Le plus grand défi ne sera pas les attirer mais bien les intégrer. Pas de recette miracle pour ça !
Étant moi-même immigrante et ayant plusieurs amis venant d’horizons différents, je peux dire que la réussite de l’intégration dépend de plein de facteurs, dont le contexte dans lequel on arrive :
- l’âge,
- le statut (seul ou en famille),
- la personnalité,
- le parcours académique et professionnel,
- les raisons pour lesquelles on émigre et on choisit le Québec, etc.
Sans avoir fait une étude exhaustive sur la question, je remarque qu’une cible très intéressante mais qu’on n’exploite pas assez, est la population étudiante.
Viser les étudiants
Pour plusieurs raisons:
- Ils seront formés « à la québécoise ». À la fin de leurs études, ils auront non seulement acquis des connaissances mais ils se seront aussi habitués aux façons de faire, à la méthode de travail, etc.
- Ils auront des diplômes reconnus, ce qui va faciliter le boulot des employeurs québécois qui n’auront pas à faire des recherches sur la crédibilité des diplômes d’ailleurs.
- Ils ont déjà un premier contact avec la ville, la région et les gens. Si leur expérience est positive, leur intégration va se faire naturellement.
- Ils ont fait l’effort pour venir donc ils avaient de l’intérêt pour le Québec ou pour l’université qui les accueille.
Les retenir et les intégrer
C’est ici que ça se corse ! Plusieurs restent, mais pas suffisamment selon moi. J’ai vu une évolution intéressante depuis que je suis arrivée mais il y a encore des efforts à faire…Pourquoi ? Pour leur faire connaître toutes les opportunités qui s’offrent à eux et les aider à découvrir ce qu’il se passe à l’extérieur du campus. Trop d’étudiants vivent dans leur bulle et ne sortent pas souvent du campus.
L’été venu, ils doivent rentrer chez eux, en Europe, Amérique du Sud ou ailleurs, pour voir leurs familles, ce qui est tout à fait normal. Mais comment faire pour qu’ils reviennent à l’automne ? Ou pour qu’ils fassent un stage d’été ou qu’ils se trouvent un emploi dans leur domaine ?
[Pensée geek]
Je vais me permettre une analogie avec le taux de conversion du commerce électronique. Vouloir attirer des immigrants à tout prix ne devrait pas être un objectif en soi. Oui, on veut qu’ils viennent (WA : attraction), mais le plus important est qu’ils restent (WA : rétention) et qu’ils achètent (WA : conversion). Idéalement on voudrait aussi qu’ils répandent la bonne nouvelle après avoir acheté ou adopté le Québec ! Pour que ceci fonctionne, il faut commencer par bien les cibler, être honnête avec eux et leur offrir une "expérience d’achat intéressante".





déjà 5 commentaires
26 May, 2009
Salut Carmen,
Je trouve ton blog d´après ton invitation sur Twitter (je vais t´ajouter de mon coté)
C´est joli ton blog.
Et tu écris en espagnol!
A plus
Elisa.-
Mes blogs perso:
http://www.elisaorigami.blogspot.com (en francais)
http://www.elisaserendipity.blogspot.com (en español)
28 May, 2009
Je voudrais ajouter: Bien pour penser à ca.
Je viens d´un pays fortement influencé par l´immigration. Ca compte beaucoup.
A plus.
Elisa, Argentine
4 June, 2009
Bien d’accord avec toi. Tu seras heureuse de savoir que plusieurs acteurs impliqué dans l’immigration se mobilisent et commencent à coordonner leurs efforts avec les milieux d’études. Le milieu universitaire a le potentiel d’être une bulle, mais aussi un tremplin vers l’intégration.
Normand, Québec
5 June, 2009
Très bonne analyse et analogie.
Je suis venu et je suis reparti.
Effectivement, la publicité que le Québec fait de son pays ne cadre pas toujours avec les vraies opportunités disponibles pour les immigrants.
Les diplomes, la facon de faire et l’expérience européenne ne sont pas du tout valorisés.
Pour s’intégrer au Québec il faut venir y faire ses études, pour être dans le moule que le monde des affaires attend.
Julien, Maroc
5 June, 2009
@Normand: Tout à fait d’accord avec toi. J’espère que l’Université Laval et la région de Québec soient un peu en avance sur les autres. D’ailleurs je fais confiance à ta contribution là-dessus.
@Julien: La reconnaissance des diplômes peut être compliquée, effectivement. Surtout dans certains domaines, comme l’ingénierie, la médecine, etc. J’ose espérer que le marché du travail et la demande feront en sorte que le protectionnisme diminue.