Entrepreneuriat et état des routes de ma vie chilienne : pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Ou jamais 2 sans 3
Dix jours de silence sur mon blogue. Oui, je suis toujours en vie, pas encore étouffée par le smog de Santiasco. Et non, le silence n’était pas une stratégie pour avoir l’air occupée. Les deux dernières semaines ont été tout simplement remplies. Heureusement!
Car après un mois ici j’étais confrontée avec trois éléments majeurs :
- L’impression que je suis bien : j’aime Santiago, les gens sont toujours aussi sympas et mon dictionnaire de chilenismos se remplit à une vitesse impressionnante. Pas de choc culturel, pas de mal de pays…Piquez-moi, je rêve! ça va trop bien!!!
- L’impression que professionnellement parlant j’avais beaucoup de choses à faire mais rien de très…lucratif!
- La préoccupation des amis et de la famille, autant au Québec, qu’en Roumanie et ici. Préoccupation pour mon sort, à savoir si j’allais bien ou pas. Plein de questions comme Tu aimes ça? Comment sont les chiliens? Comment est la ville?, etc..
Jusqu’ici, tout va bien.
Et puis, la question qui tue quand tu te lances en affaires « Comment ça va? ». Quand t’entends ça, tu sais qu’on ne te demande pas s’il pleut ou pas à Santiago, si les gens sont gentils et si la vie coûte cher. Non. Tu sais que les gens veulent savoir si t’as des projets, si les contrats commencent à rentrer. Bref, on veut avoir l’état des routes sur ton statut d’entrepreneur.
Comment ça allait?
C’est génial de sentir que les gens se préoccupent pour toi. Mais y’a rien de pire que pas avoir grand chose à raconter. Surtout quand la nouvelle entrepreneure est le genre de personne à carburer aux mille projets, à avoir un agenda booké à fond et une réputation d’oiseau de nuit. Tout comme un poste budgétaire appelé « anticernes / fond de teint » pour couvrir les effets des nuits blanches qu’elle fait. Et tout d’un coup : silence radio. Le néant. L’attente. L’impatience. La préoccupation.
Parmi ces gens, ceux qui ont le mieux compris que c’était pas le temps de m’interroger trop trop sur ma vie professionnelle ont été mes parents. Peut-être parce que mon père est entrepreneur et doit savoir que ça prend du temps pour se lancer?!
Comment tout a commencé?
Pour vous situer un peu dans l’histoire : démission présentée à la fin mai, départ pour le Chili à la fin juin. Début août je faisais ici-même le bilan positif d’un mois d’expatriation. Et mentalement je faisais le bilan mitigé et préoccupant de deux mois d’entrepreneuriat. Pendant ce temps, j’ai continué de recevoir des offres d’emploi du Québec (certaines même très alléchantes), j’ai vu mon compte en banque baisser, j’ai mis une pression de fou sur les gens avec lesquels je travaille chez BW2, j’ai fait le schéma mental du plan B, C, D…et j’ai mal dormi.
Une question constante qu’on se pose: qu’est-ce que je fais?
Comment ça va maintenant?
La semaine prochaine je vais fêter deux mois de vie au Chili
et moins de trois mois de vie d’entrepreneure. Voici donc ce qu’il en est : je me déclare officiellement contente, le sourire est de retour, l’agenda est pas mal rempli et les projets ont commencé à rentrer!
Voici pourquoi:
Une bonne nouvelle ne vient jamais toute seule
La semaine dernière a été hallucinante. J’ai eu trois nouvelles :
1. Du Québec : un petit contrat trippant, pour une entreprise qui me connait et pour laquelle j’espérais honnêtement continuer de faire des projets
2. Du Chili : mon premier site web .cl à gérer. C’est un site qui existe depuis la fin 2008 et qui se veut être un portail sur l’esthétique, la nutrition, la beauté. Il y a déjà une petite équipe en arrière mais elle risque de grandir. Plus de détails à venir.
3. Encore du Chili : un contrat avec une super université. C’est la troisième dans le classement des universités au Chili, la première dans la catégorie « business school » et elle jouit d’une réputation exceptionnelle dans la communauté d’affaires. Je vais travailler avec un centre qui est lui aussi exceptionnel : d’un côté, c’est un incubateur pour les entreprises chiliennes en innovation (biotechnologies, pharmaceutique, agroalimentaire, etc.). D’un autre côté, c’est un centre de outsourcing et offshoring pour les entreprises étrangères qui veulent : s’implanter au Chili, y faire de la R&D avec éventuellement l’aide du gouvernement chilien et commencer à commercialiser autant au Chili que dans le reste de l’Amérique du Sud. Mon implication dans tout ça : recherche marketing, veille, relations internationales et du web. Non mais… avez-vous déjà vu un autre projet dans lequel je pourrais faire exactement TOUT ce que j’aime? Je hallucine! Et rassurez-vous, j’ai pas fini d’en parler!
Tout ça est arrivé en moins de 72h!
Maintenant je dors encore moins mais cette fois-ci c’est bon signe. Je pense aussi que ce n’est que le début du stress mais que le fun commence!
Morale de l’histoire : si vous avez commencé à goûter à la vie d’entrepreneur et vous trouvez ça stressant, vous n’êtes pas tout seul. Vous vous y attendiez mais en réalité, c’est pire. Normal. Femmes enceintes et personnes cardiaques s’abstenir.






déjà 6 commentaires
19 August, 2009
De paso por LinkedIn, veo que hay buenas noticias tuyas. Felicitaciones por el empuje puesto en convertirte en una emprendedora chilensis (bueno, ya tienes mucha experiencia).
Que todo siga girando como tu quieres.
A+
P.S. Quien sabe si puede surgir un proyecto de esta zona del país. Desde las lluvias que ya conoces.
19 August, 2009
Bonjour Carmen,
C’est un ami commun qui m’a introduit à ton blog que je suivrai maintenant avec intérêt. J’ai également quelques amis d’origine roumaine qui m’ont permis d’apprécier ce beau pays.
Pour revenir à ton billet, je salue ton courage. L’entrepreneurship est une aventure animée par la passion et non une destination.
Ton projet avec le centre universitaire semble des plus prometteurs. Félicitations! Si je peux contribuer à ton succès, c’est avec joie que je le ferai.
Meilleures salutations!
20 August, 2009
@Fabian: Hola Fabián! Qué bueno tener noticias tuyas. Muchísimas gracias! Avísame si pasas por Santiago.
@Luc: Un grand merci Luc! Effectivement, c’est le voyage qui est passionnant, avant même la destination.
Je sais que la question internationale vous intéresse (j’ai connu votre blogue grâce à une SWAFF
). Je vais concocter une présentation du labo et je vous tiens au courant. En attendant, au plaisir de vous lire et de vous suivre sur Twitter.
29 August, 2009
Chapeau Carmen !!! La seule fois que j’ai eu du guts pour aller au bout de mes rêves de la sorte, c’était en 2002. Et je me suis retrouvé à Otopeni… :)) Et là, ton billet me fait penser à la chanson de Goldman «On ira», dans laquelle on fait bien davantage l’apologie du voyage que de la destination. J’sais pas si j’ai l’droit, mais voilà la version que j’ai en tête : http://www.youtube.com/watch?v=7sg8uXWRx3g&feature=fvw.
30 August, 2009
Merci pour la chanson!
PS: Je viens de comprendre hihihi
30 August, 2009
@Carmen : Merci, t’es trop généreuse !
Ça me fait penser à un truc à propos duquel j’aimerais te lire… Conquérir une réalité nationale (ex. : le Chili) sans jamais y aller, dans le but d’y faire des affaires, est-ce que c’est complètement débile ? Ma vraie question (trop naïve pour je l’assume d’entrée de jeu) : à quoi ressemble la liste des 10 trucs qui justifient totalement une immersion dans la culture de l’autre ? Je sais qu’il y a plein d’évidences là-dedans. Mais j’aime qu’on revisite les évidences. Un exemple ?
Levez la main ceux qui pensent qu’il est préférable, à l’épicerie, de choisir des sacs en papier que l’équivalent plastique ? Bon, je sais, j’avais déjà vendu le punch avant de poser ma question… D’un point de vue environnemental global (c’est-à-dire avec une prise en compte du cycle de vie des produits), le plastique est vraiment moins énergivore. Autre point d’intérêt : saviez-vous que le caractère non biodégradable du plastique était à l’origine désiré et considéré comme une vertu de cette matière ? Considéré comme un matière inerte, on se réjouissait de ne pas avoir à se préoccuper des sous-substances versées dans la nature issues de sa dégradation. Détruire un mythe du genre aide à mieux penser le développement durable. Je te sais capable de nous faire voir au-delà des évidences… Un top 10, un top 10, un top 10!!!
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