Site web d’un restaurant: arrêtez-moi la musique, je veux juste réserver!
Tout récemment j’étais à la recherche d’un endroit pour organiser un 5 à 7 à Québec. J’ai fait un tour sur quelques sites web de restos/bars que je connaissais. Mon expérience m’a rappelé à quel point certains sites sont loin de la réalité de l’utilisateur et ne répondent même pas à son besoin de base qui peut être aussi simple que trouver des informations de contact.
Pour faire une histoire courte : j’arrive sur le site du resto X, je cherche un courriel mais je ne le trouve pas. Je finis par trouver un formulaire et je fais ce que je déteste faire : remplir un formulaire de contact. Quelle chose plus impersonnelle! Honnêtement, combien de fois vous avez reçu une réponse après avoir rempli un formulaire de contact? Moi, très rarement.
Enfin. Je remplis et j’attends. 24h. 48h. C’est long. Je me dis donc que j’ai pas le choix d’appeler, j’ouvre Skype, je mets mes écouteurs et…bling bling, de la musique de fond. Je me dépêche pour l’arrêter avant que la personne au bout du fil décroche. Évidemment, personne n’avait reçu mon message envoyé avec le formulaire. En plus, la jeune demoiselle m’informe que dans leur filiale « on ne prend pas les réservations par Internet ». Ah bon? Je vous annonce que c’était pas écrit sur votre site et que vous aviez le même formulaire pour toutes les filiales.
Plus d’une semaine est passée depuis et j’ai toujours pas eu de nouvelles par courriel à mon fameux message envoyé en remplissant le formulaire.
Où est le problème?
Pensez à la pyramide de Maslow : les besoins de base d’abord. Mon objectif est de faire une réservation. Votre musique sur le web, ça m’intéresse pas. Elle pourrait être une valeur ajoutée à l’expérience (ça sonne bien, hein? c’est des marketeurs comme moi qui travaillent sur de beaux concepts comme celui-ci) mais tant que vous ne me laissez pas réserver, tout le reste est du superflu.
Avec le web, vous avez plus de chances d’offrir un bon service à la clientèle. Ou le contraire.
N’oubliez pas que la qualité du service dépend des attentes ainsi que de la perception du service reçu. En marketing des services on fait souvent référence au modèle SERVQUAL développé par Parasuraman, Zeithaml et Berry et qui définit la qualité perçue comme
Le jugement du consommateur concernant le degré d’excellence ou de supériorité attribué à une entité, qui résulte d’une comparaison entre des attentes et des perceptions relatives à la performance.
Le Dico du marketing résume bien ce que c’est SERVQUAL et quelles sont les dimensions principales de la qualité du service.
Vous avez un restaurant. Ce que j’aimerais voir sur votre site Internet
Au minimum :
- Qui êtes-vous?
- Que pouvez-vous m’offrir? Quel type de bouffe, de boisson, d’ambiance? Quel type d’événement pouvez-vous organiser ou accueillir?
- Où êtes-vous situés?
- Quelles sont vos heures d’ouverture?
- Comment vous contacter? Numéro de téléphone, adresse de courriel, Skype, Twitter, Facebook, etc.
Le reste de « l’expérience » devrait pas vous empêcher d’oublier la base.
On rigolait là-dessus avec un ami : votre site web est tellement beau et votre musique tellement cool que depuis qu’on l’a découvert on va même plus vous voir. On reste chez nous!
Parfois je critique les sites web chiliens, où on me propose un beau menu de restaurant en Flash et on me donne même pas les heures d’ouverture, mais là je me rends compte que c’est partout pareil. Honnêtement, pas besoin d’engager un expert pour vous analyser votre site web. Le retour du gros bon sens est pour quand?
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déjà 4 commentaires
8 February, 2010
Le retour du gros bon sens est pour quand ? parfois je me le demande, très bon billet, il ma fait sourire. je vais le garder de côté pour certain cas client
8 February, 2010
C’est marrant que je tombe sur ce billet, il y a de cela quelques temps, j’ai travaillé sur une problématique qui concerne justement la restauration. Il est vrai que c’est déconcertant de voir à quel point les restaurants négligents le web.
Ce qui est intéressant c’est de savoir pourquoi ! J’ai rencontré des personnes du monde de la restauration et une partie de la réponse se trouve dans le métier lui-même. Ce que je vais dire est basé uniquement sur ce que j’ai entendu et compris.
On peut classer les restaurants dans quatre catégories :
+ Les restaurants de cartier (de proximité) (brasserie, pub, salons de thé …)
+ Les grandes enseignes de restaurants ou franchise
+ Les restaurants « branchés » à la mode
+ Les restaurant haut de gamme
Note : j’utilise le terme « branché » pour désigné un lieu bien soigné, moderne et très convivial … c’est un terme de distinction et non une appréciation
Nous pouvons dors et déjà exclure les restaurants haut de gamme de la place de marché conventionnelle, ce que je veux dire par-là, c’est qu’un site web d’un restaurant haut de gamme ne propose presque jamais de service en ligne, pourquoi ? parce que dans la plupart de ces restaurants, il est très difficile qu’une personne Lambda puisse réserver (des fois le délais est d’une année… et ce n’est pas une blague). Un site web pour ce genre de restaurant ne se veut pas être un outil fonctionnel pour le client, mais plutôt une vitrine … je m’arrête là concernant ce premier segment car ensuite c’est un autre sujet.
Passons maintenant au restaurants de cartier. La clientèle de ce genre de restaurant est généralement locale, pour le reste c’est le bouche à oreille. Une simple place dans les pages jaunes suffit largement au yeux du propriétaire et un investissement sur un site web est une solution trop coûteuse pour lui.
Les franchises ou grandes chaînes de restaurants : là nous commençons à nous rapprocher du cœur de la cible, et pourtant il y a un manque de service terrible (pour ne pas dire une absence complète) dans les sites des grandes chaînes de restaurants.
Pourtant les conditions sont là, c.à.d : une masse de clientèle suffisante, des ressources (humaines et financière) disponibles… alors qu’est ce qui fait que ? l’une des raisons c’est que la plupart de ces restaurants sont des franchises, donc concrètement, le franchisé ne peut pas faire ce qu’il veut, du moins la communication en général est très encadré. Donc même si le propriétaire du restaurant souhaite faire un site web, il n’est pas totalement libre de le faire d’un coté, et d’un autre coté si le propriétaire a opté pour une franchise, c’est pour qu’il se concentre sur la gestion de son restaurant, c’est la franchise qui fait le reste. L’autre point, c’est qu’une franchise offre généralement une notoriété, donc les clients viennent presque naturellement au restaurant, car ils savent ce que propose tel resto ou tel autre et ils connaissent la moyenne des prix. Donc vous l’avez compris, le problème ne se situe pas au niveau des restaurants mais plutôt en amont … il faut que le modèle économique de base soit pensé différemment.
Reste les restaurants « branchés », et c’est là que nous allons retrouvé un environnement et un modèle économique qui s’applique au web.
Le client : une population jeune et dynamique, donc logiquement très axé sur les nouvelles technologies.
Le restaurant : même si le bouche à oreille marche le propriétaire à besoins de promouvoir son restaurant, mais il n’a pas les moyens des grandes chaînes, donc le web est l’environnement idéal pour ça. Quand les deux se rencontrent (le client et le restaurant) et bien l’équation est simple : l’offre rencontre la demande : l’un à besoins d’un resto qui lui permet de réserver à partir de son téléphone portable où qu’il soit et l’autre sait répondre à ce besoin. La réservation par téléphone portable n’est qu’une caricature, ce que je veux dire par là c’est que le restaurant intègre le web complètement dans son modèle économique.
Maintenant coté fonctionnel, ce qui a été décrit dans le billet est globalement suffisant on pourrait le remettre sous forme de recommandations … mais la n’est pas le but du billet ni du commentaire …
9 February, 2010
Je sais de quel endroit tu parles. Cet endroit se colle au nightlife. La majorité des sites de bar semblent tous avec une trame sonore. J’en ai aucune idée pourquoi.
16 February, 2010
Tu as tellement raison la dessus. Et ce n’est pas que les restaurants. Trop de gens décident d’avoir un site web sans vouloir investir, et demandent au beau-frère de le faire. Tout le monde peut faire ca un site web non? Le beau-frère en question est probablement techniquement qualifié, mais la connaissance technique c’est 33% du site web.
Reste le contenu, la convivialité, et le R.O.I.
Je suis diplômé en art et en informatique, et j’essais d’amalgamer ces deux talents.